Peut-on vivre sans valeurs partagées ? » Un conférence de Jean Sévillia, journaliste et écrivain, auteur de Moralement correct (2007, Librairie Académique Perrin, 217
pages)
A Nantes le 5 décembre, Jean Sevilla a dresser un constat accablant sur la décadence de la société française tout en gardant l’espoir d’un redressement de la situation à long terme
Quelles la cause de cette chute qui touche un des grands pays du monde ? 1968 et ses conséquences ? Pour Jean Sévilla, la grande cause est une inversion des valeurs morales. Une
nouvelle morale s’est imposée au fil des années et avec la complicité de tout le monde. Dans un premier temps, tout est sacrifié à une nouvelle mode : la liberté individuelle qui abolit tous
les repères et autorise donc tous les excès. Avant 1960, l’individu sert la société au nom du bien commun. Après 1970, c’est la société qui doit être au service de l’individu, peut être au nom de
l’intérêt généra ! Actuellement, toutes distinctions est considérée comme injuste, l’Etat doit lutter contre les discriminations. Vient ensuite la Tolérance… il faut être tolérant , accepter
l’inacceptable au nom de la fameuse égalité républicaine. Le relativisme parachève cette nouvelle morale mondiale.
Pour imposer ce nouvel ordre moral, toutes les moyens sont bons. D’abord, l’école. Avec le concept de l’enfant roi, il ne faut pas éduqué : « Les professeur abandonnent les grands
textes classiques.. Ils préfèrent donnés en dictée la notice d’une machine à laver ». Puis, c’est l’attaque contre la famille : divorces, séparations, mariages homosexuels ect…
Quant au travail, il est dévalorisé depuis 30 ans. La république prône l’état providence et donne donc dans l’assistanat. L’insécurité et la délinquance ne sont plus condamné avec rigueur, les
délinquants étant considérés comme des victimes de la société qui doit accepter les comportements différents. Dans les banlieues, au nom du relativisme, il y a une renonciation à l'assimilation
puisque : les nouveaux arrivants ne doivent pas abandonner leur culture puisque celles-ci se valent.
Des conséquences tragiques
Le moralement correct, ce nouveau code, a un effet désastreux sur les individus, les gardes-fous ne sont plus que matériels. Les repères ont sauté et les individus ne peuvent plus avoir une
vision globale du monde. Déboussoler, les jeunes et moins jeunes se réfugient dans la drogue (1 jeune de 17 ans sur 2 a expérimenté le cannabis) ou la pornographie qui est une véritable
autodestruction psychologique (beaucoup de jeunes de 13 ans avouent avoir déjà vu un film porno), voire se suicident ou sont dépressifs (8% des Français sont dépressifs; la France est le 2ème
pays d'Europe consommateur de tranquillisants).
La société vit dans une « démocratie compassionnelle avec la complicité des médias qui jouent un rôle trouble en prenant un problème (les sans-logis...) qu’il abandonne quelques
semaines après. Cette compassion est artificielle et médiatique. Les choix de vie peuvent influencer toute la société comme par exemple le déséquilibre chez l'enfant d'un divorce.
Dans la société qui se construit, la liberté individuelle est exaltée et pourtant la réglementation devient de plus en plus contraignante : La
législation en France est inflationniste, la surveillance policière de plus en plus présente. C’est le paradoxe du moralement correct.
L'Etat est obligé de multiplier les lois pour faire régner l'ordre puisque les citoyens n'ont plus de code moral commun.
L’homme a besoin d’autorité, de stabilité, d’identité
Le constat est accablant ! Peut on redresser la barre ? Quel espoir peut on avoir ? Jean Sévilla est optimiste sur le long terme. Les français sent bien que toutes les valeurs
traditionnelles partent ; Ils sont inquiet, pour eux et pour l’avenir de leurs enfants. La dernière campagne électorale a montré que les Français, qu'ils soient de droite ou de gauche,
souhaitent un retour un code commun : Une grande majorité de français demande plus d'autorité à l'école, dans la famille et estiment que les valeurs traditionnelles françaises ne sont pas
assez défendues. Et 80% des Français sont fiers d'être Français.
Les élites intellectuels veulent aussi un retour une morale traditionnelle : Alain Finkelkraut (ancien gauchiste) affirme qu'une société où tout se vaut est une société qui se détruit.
Benoît XVI condamne le relativisme. L’espoir vient aussi car il y a un vide idéologique aujourd'hui. Le culte de l’homme n’a pas la force spirituel du marxisme. Et surtout, la nature humaine est
immuable : l'homme a besoin d'autorité, de stabilité, de limites et d'identité. Et à chaque fois où la France a été en danger, il y a toujours eu des du Guesclin, des Jeanne d’Arc, des
Delestraint, des d’Estienne d’Orves, des Leclerc qui se sont levés et qui ont su galvanisé leurs compatriotes pour écrire une page de l’Histoire glorieuse de la France.
Aujourd’hui, avant le chaos qui s’annonce, il faut une une réforme intellectuelle et morale en rétablissant
l'autorité, en prônant la stabilité contre le « bougisme », en posant des
limites, en affirmant notre identité française et en redonnant le goût de
l'effort et le sens des responsabilités. Chacun est touché par le moralement correct car il est facile de dire : « Je fais ce que je
veux ». Mais, chacun doit réagir, dans cette guerre culturelle, il faut se former, être présent pour répondre, s'engager dans ce combat pour le gagner.
La conclusion
La plus belle décennie du XXe siècle, les années 60, a abouti à cette transformation de la société. Si en 1968, la société traditionnelle a emporté une victoire, elle n’a malheureusement pas
gagner la guerre. En effet, l’extrême gauche d’alors a investi tous les rouages de l’éducation, de la culture, des médias et de la communication que nous avons abandonner. Nous voyons aujourd’hui
les effet pervers de cet abandon. A nous de les reconquérir !